Consulter la version mobile Rester sur cette version
Site mobile disponible

Accès direct au contenu | Accès direct au menu

Alternance, les chemins de l'emploi CCI Grenoble

Recherche avancée
Espace entreprises

Vous êtes ici : Accueil IMT > Entreprises

Le mot du Directeur

le 9 mars 2015

"Je souhaite vous parler de la liberté d'expression."


L'objectif n'est pas forcément de revenir sur les évenements de janvier, mais plutôt de restituer ce droit dans notre quotidien. J'aimerais ici insister sur la nécessité de protéger ce droit, d'en être garant parce qu'il représente en quelque sorte la matrice, la condition indispensable à toute autre forme de liberté. La première mesure prise par un état totalitaire est généralement de museler, de faire taire les avis contraires.

La liberté d'expression est une liberté fondamentale, un des piliers de la démocratie. A ce titre, elle est garantie par la Convention européenne des droits de l'homme (article 10), mais également par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

Est-ce qu'être libre de s'exprimer signifie que l'on peut dire tout et n'importe quoi ?

Non, mais la frontière, entre libre critique et des propos susceptibles de relever d'infractions pénales, n'est pas toujours bien nette. Les décisions rendues par les juges ont permis d'en préciser les contours. Ca n'est donc pas à chacun de décider de ses propres limites.

La liberté d'expression peut-elle être une notion à géométrie variable, peut-elle s'arrêter ou commence la sensibilité des autres ?
 
Non. La liberté d'expression doit se poser en notion universelle, immuable et non négociable. Ne serait-ce qu'une entaille au nom de telle ou telle sensibilité détruit la totalité de l'édifice. L'édifice n'est pas seulement celui de la liberté d'expression, mais celui de la liberté de penser, de créer, d'agir, d'exprimer son désaccord. L'édifice est celui de la République.
 
La liberté d'expression est-elle absolue ?

Non, mais ça n'est pas à vous de décider des limites. Les lois sont là pour ça. Avec Internet, tout le monde peut donner son avis, critiquer, conseiller. On écrit sur les réseaux sociaux comme on parlerait à un ami, sans toujours réaliser que le monde entier a accès à ces propos. Quand vous vous exprimez sur Internet, vous engagez votre responsabilité pénale au même titre qu'un journaliste professionnel qui rédige un article dans une revue.
 
Comment puis-je comprendre les limites ?

Il y a globalement 6 interdictions qui peuvent entraîner des poursuites : 1. l'insulte, 2. l'injure, 3. les atteintes à l'ordre public, 4. les atteintes à la vie privée, 5. la diffamation et 6. le dénigrement. On voit là que la plupart de ces limites concernent des propos qui visent directement une personne ou un groupe de personnes et excluent généralement les institutions, les idées et idéologies. Tout cela reste compliqué et sujet à interprétation. Par exemple, on peut caricaturer le Président de la République ou le Pape dans une posture qui ne le montre pas à son avantage, mais on n'a pas le droit d'insulter son voisin sur son blog ou d'injurier son facteur.

Les médias ont-ils les mêmes droits et les mêmes devoirs en matière de liberté d'expression ?

En fait, les médias ont des droits et des devoirs un peu renforcés qui sont précisés dans une charte nommée Charte de Munich (vous pouvez la trouver sur Internet).

Que se passe-t-il si je me sens insulté(e) par la libre expression d'un média par exemple ?

Si l'insulte vous concerne directement en tant que personne (vous êtes nommé), vous pouvez attaquer l'auteur en justice au titre de l'insulte, de l'injure, de l'atteinte à la vie privée ou de la diffamation suivant le cas.

Si vous vous sentez insulté parce que vous faites partie d'un groupe, qui est malmené par les médias, il vous faut l'accepter car d'autres personnes ont le droit de ne pas partager votre point de vue et de l'exprimer. C'est la base même de la démocratie et du droit à la liberté de penser. Vous pourrez toutefois répondre individuellement ou collectivement et votre groupe (organisé en association) pourra poursuivre en justice si ses dirigeants l'estiment nécessaire. Ces règles de base garantissent le vivre ensemble de personnes qui ont des idées différentes. La richesse nait de la diversité.

Cette phrase abusivement attribuée à Voltaire résume l'état d'esprit dans lequel la République nous invite à être : "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour qe vous ayez le droit de le dire." Le débat est ouvert...

Thomas VIRON
Directeur


Formation et handicap

Liens utiles entreprises

Nos lauréats



Web TV

 

Adhérez au réseau


 
 

Recherche d'une actualité

Recherche d'une actualité